Résumé : |
Anne-Denes Martin raconte l'histoire des sardinières de Douarnenez. De beaux destins de femmes ! Si elles n'ont pas laissé de trace dans les dictionnaires, elles ont, en revanche, contribué à façonner la civilisation du littoral. A douze ans, souvent dix pour les fillettes nées avant la Première Guerre mondiale, elles prennent le chemin de l'usine. Alors, pour rendre le travail supportable, elles inventent leurs propres valeurs : la dextérité qui leur vaut d'être reconnues par la communauté comme de "grandes ouvrières", le chant pour se tenir éveillées.
Car les journées sont longues : treize à quatorze heures en pleine saison, sans compter les filets à ramender, les vêtements de pêche à entretenir et la tenue du foyer. Des "battantes" avant la lettre. En 1924, les sardinières étaient plus de 10 000 sur tout le littoral breton ; 2 000 à Douarnenez, et presque autant à faire grève. Bien sûr, cette histoire dépasse leur propre destin. Elle les met en relation avec d'autres acteurs : usiniers, élus politiques.
Elle découvre le poids de la religion, l'importance de la communauté, éclaire leurs rapports aux hommes, à l'argent, au travail... |